RADE DE LORIENT BLAVET
L’Espagne. Il a pu en être de même sur la rade
Il suffit de consulter les cartes de répartition de diverses céramiques en Armorique, pour comprendre que la circulation commerciale dut être fort intense dans l'Océan et la Manche. Plusieurs découvertes d'épaves antiques le long des côtes françaises et anglaises, au sud de BELLE-ILE, à l'entrée du chenal de LORIENT, devant GUERNESEY, sur la côte du Hampshire... viennent à l'appui de cette conclusion.
Il faut admettre qu'à l'époque romaine les côtes armoricaines étaient reliées à BORDEAUX, au sud de l'ESPAGNE, à la GALICE, aux rivages méridionaux de la BRETAGNE insulaire , par des lignes qui diffusaient dans notre région les productions de ces lointaines contrées.
Les textes antiques, et en particulier la "Géographie " de PTOLEMEE ( II ème siècle de notre ère), nous livrent un certain nombre de ports où les navires étaient très vraisemblablement déchargés
-NANTES, au confluent de la Loire, exploitée dès l'âge de Bronze, selon POLYBE. Il devait exister un quartier de Docks , situé au bas de la rue du Port-Maillard.
-VANNES, un important lot de céramiques romaines, récemment recueilli près de la Porte-Prison sembme attester un quai de débarquement en ce lieu.
-PORT-LOUIS ou Vindana Portus par Ptomélée, doit, de l'avis général, être le même lieu à l'entrée de la rade de LORIENT.
Il en est de même des ports de QUIMPER ( plus de 10000 fragments de sigillées .... ), ALET en Saint- MALO.......
L'ARMORIQUE disposait ainsi d'une série de ports où les navires pouvaient hiverner ou être déchargés des produits d'importation et embarquer également les denrées destinées à d'autres régions.
Cette navigation hauturière se doublait très certainement d'un petit cabotage, convoyant de port en port les productions locales
Ainsi l'Ile de GROIX livrait du chiste et des ardoises au continent.
Siècles de paix sous NERON
Néron (an 54 à 68 de notre ère) impose l'intégration de l'Armorique et c'est aussi à cette époque que débute le réseau routier Armoricain. Ce phénomène s'amplifia sous les Flaviens . L'accéssion de NERVA jusqu'en l'an 192 fut l'âge d'or. La société Armoricaine connut un essor du commerce,puis se fut la dégradation de l'économie. On favorise la forêt au détriment de la culture; les salaisons intérronpent leur production.
Les incursions des Francs et divers pirates révèlent un grave désiquilibre des défenses de l'Armorique
Il fallait donc renforcer par des fortifications les entrées d'estuaires ( Alet; Saint Brieuc; Le Coz-Yaudet, Brest ; Vanne; Nantes.
Des Bretons insulaires , venus de Galles et de Cornouaille, accourent en foule à la demande du gouvernement à la rescousse de l'Armorique.Ils mettent en valeur les terres. Un grand nombre de garnissons sont construites . La population va s'accroître avec l'arrivée de Maxime et ce sera la victoire des Bretons sur les Armoricains. Vers l'an 410, l'écrivain Grec Joazime relat ainsi les faits.: " Les barbares d'au delà du Rhin mirent les habitants de Bretagne et autres peuples celtes dans la nécessité de se séparer de l'empire des Romains et de vivre par eux-mêmes, sans plus obéir à ses lois.
Au Vème siècle, l'Armorique et la Bretagne insulaire redeviennent donc indépendantes, gouvernées par des princes celtiques.
La rade de Lorient a de tout temps offert un milieu extrêmement favorable à l’exploitation des richesses naturelles de la pêche et de l’agriculture locale.
En l'an 871 de notre ère le mot " Blavet " existait déjà dans le capitulaire de Redon, mais le " T " représente une spirante dental qui est représenté aussi comme le " Z ". " Blavez " existe en 1184, puis on retrouve aussi " Blavdez " puis Blahouez ou Blahoueh " On retrouve aussi, le nom de BLABIA (petit poisson) pour définir le Blavet et sa rade.
En l'an 890, des chroniques anciennes racontent que les Normands ont semé la mort et la dévastation jusqu'au hâvre de BLAVET " usque Blavittam fluvium".
En 1066," Blavet" fut rattaché aux possessions du Duc d'HOEL
Depuis la préhistoire, on retrouve systématiquement sur ses rives ou à ses abords immédiats les traces de toutes les grandes civilisations qui se sont succédées en Europe Occidentale, sans pour autant que ces vestiges puissent prétendre à une position prépondérante dans l’espace armoricain ou breton ; Il faut attendre le XVII è siècle pour assister, sous l’impulsion de l’Etat, à un développement volontariste de l’activité maritime.
Henri de Navarre, devenu roi de France sous le nom d'Henri IV depuis la mort d'Henry III, entreprit la conquête de son royaume. Il chargea le jeune Henri de Bourbon, princes de Dombes, d'intervenir en BRETAGNE.
Jérome d'Arradon, qui souhaitait étendre son gouvernement sur le port du Blavet, tenta plusieurs incursions, soit en personne, soit par l'intermédiare de ses frères René et Christophe. Mais ces coups de main ne réussirent qu'à enlever le couvent de Sainte Catherine à LOCMIQUELIC et à brûler les maisons de LOCMALO......
Louis XIV et Colbert font installer au Faouédic en 1666 les établissement maritimes de la Compagnie des Indes Orientales qui entrainent sur la rive droite du Scorff la naissance de Lorient. Limitée dans ses entreprises par les réticences des négociants, la situation aux Indes ou les bonnes places sont déjà prises, fourvoyée à Madagascar, la première Compagnie des Indes est rapidement concurrencée dans son propre port par une Marine Royale au faîte de sa puissance et qui prend sa place en 1703.
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Coulée du BLAVET
La rade est d’une importance stratégique considérable. Elle se situe au point de rencontre de deux routes maritimes vitales pour la France : la vois côtière qui depuis Nantes distribue vers Lorient et Brest tous les approvisionnements indispensables à la puissance maritime que la Loire draine depuis les provinces intérieures du royaume.
Le BLAVET (et le SCORFF) fourniront par leur carrières le granit bleu pour les constructions des maisons.
Les voies océaniques qui prennent Groix et Belle-Ile comme point d’atterrage au retour des Antilles, de Chine et de l’océan Indien. Aux portes de Lorient, la côte du Morbihan devient un des principaux terrains ou s’affrontent marines françaises et anglaises, corsaires malouins et anglo-normands.
En détresse à la fin du règne de Louis XIV, Lorient renaît en 1715 avec la seconde Compagnie des Indes de John Law. S’appuyant sur les populations maritimes formées par la pêche à la sardine et le cabotage intense de la Bretagne-sud, attirant de toutes les provinces du Royaume les ouvriers qui lui sont nécessaires, la Compagnie fait de Lorient une ville moderne et un port spécifiquement conçu pour le commerce avec l’Inde et la Chine. Elle y concentre progressivement toutes les opérations d’armement, de constructions navales et de ventes, en tenant soigneusement à l’écart la Marine repliée sur Port-Louis.
Liaison Nantes-Brest et le Blavet 1744
En 1744, les Bretons songent à relier les villes de Nantes et de Brest par une voie navigable afin de favoriser l'essor économique de la partie intérieure de la Bretagne . Les projets se bousculent, mais finissent au placard pour des raisons financières,(c'était le projet Royal). 40 ans plus tard, ,1784, un nouveau projet ( Etats de Bretagne) prend la suite mais n'est jamais mis en ouevre.
Avir Bonaparte en 1804, qui accepte mal le blocus de nos côtes par les flottes Anglaises et Hollandaises qui coulent ou arraisonnent les bâtiments qui se rendent à Lorient ou Brest. Il reprend donc les projets en sommeil et décide que cette jonction devra se faire dans les plus brefs délais.
Une voie fluviale stratégique entre Nantes et les 2 ports de Lorient et Brest.
Le Blavet baigne Pontivy et l'Oust arrose Rohan. Entre ces 2 villes 24 kms les séparent.
Cela semble simple mais les niveaux des 2 rivières ne sont pas les mêmes et donc il faut réaliser une " Ligne de partage des eaux" et donc un bief pour cela. Le chantier commence etpendant des années plus de 4000 ouvriers vont travailler pour realiser cet ouvrage . Au recrutement local, ( Morbihan et Côtes du Nord) viendront s'ajouter des pensionnaires du Bagne de Brest.
En 1838, il est possible d'utiliser l'itinéraire fluvial ( de Nantes à Pontivy sur 378 Kms).
Le franchissement depuis Rohan se fera par un Bief de Partage plus que compliqué car il y a 25 biefs et autant d'écluses pour rattraper une pente de 75 mètres.
Une idée jailli : "La Rigole" Les travaux commencent en 1825 environ . Le principe : créer un étang artificiel créé grâce à un barrage jusqu'au canal de Nantes à Brest. C'est le comte CHAZELLES qui est à l'origine de cette idée.
Un autre problème intervient : comment exproprier tous ces cultivateurs, et les 9 meuniers ??? On réglera celà par des indemnités versées à tous ces braves gens
Le 5 septembre 1828 le principe du "TRACE" de la "RIGOLE" est définitivement signé par le responsable des travaux.
Les géomètres commencent à plancher sur des projets. Dans un premier temps, l'ouverture de la "RIGOLE3 est de la largeur d'un fer de bêche !!!! pour montrer le cheminement du futur canal.
En 1834, rien n'est encore entrepris pour que les travaux puissent commencer.
En 1835, 40 kilomètres de "RIGOLE" sont creusés. Mais 560 mètres de rochers restent encore a dérocter. En mars 1836, arrive enfin le moment tant attendu de la mise en eau de la "..Rigole" .
Pas de chance encore l'eau ne voulu pas suivre la loi de l'homme et inonda les champs aux alentours . Il fallut donc relancer des travaux d'étanchéité , travaux qui dureront jusqu'en 1844.
Officiellemnt le canal de Nantes à Brest était livré à la navigation
En fait , on constuisit environ 63 kms de RIGOLE pour une distance réelle de 20 kms.
Cette "rigole" ne sert plus à rien et c'est depuis 1990 que le blavet est officiellement réunit au canal de Nantes à Brest
Une association se bat pour la réhabilitation de l'ouvrage Ils vous expliqueront les termes de Bajoyers, de bourdonnière, musoirs, crapaudine, organeau, pilastre, enclave, pertuis, vantelle, ......
Les Anglais ne peuvent que réagir face à des succès qui mettent en cause les fondements même de leur prospérité. S’ils manquent leur débarquement en 1784, leurs triomphes de la guerre de Sept Ans conduisent à la suspension du monopole de la Compagnie et à la remise à la Marine en 1770 d’un port ou l’obligation de faire revenir les bâtiments commerçants avec l’Inde mêle jusqu’à la révolution des navires marchands et navires de guerre.
Les guerres de la Révolution et de l’Empire sonnent le glas de ce grand commerce international artificiellement implanté à la faveur du monopole d’Etat.
Regroupés en 1807 au sein de la Chambre de Commerce, les négociants Lorientais n’ont plus qu’un horizon limité au cabotage européen et à la pêche favorisée à partir de 1804 par l’intervention des conserves à l’huile.
C’est la Marine qui assure au XIX è siècle la persistance d’une importante industrie navale. L’Arsenal lui est entièrement réservé en 1820 et prend activement part aux grandes révolutions de la propulsion à vapeur puis de la construction en fer, utilisant pour ce faire d’importantes réserves foncières sur la rive gauche du Scorff.
La rade de LORIENT est accéssible aux navires du plus fort tonnage; elle est éclairée par quatre phares de 4ème ordre.
Son apogée coïncide avec le Second Empire et à la carrière de Dupuy de Lôme, ingénieur né à Ploemeur et père des cuirassés. La fin du XXIXe siècle et le début du XXe siècle sont au contraire marqués par des incertitudes.
Lorient ne construit pas de sous marins ni de torpilleurs, nouveaux types de navires en faveur de la Marine, et son infrastructure n’est plus à l’échelle des cuirassés dont il s’est fait une spécialité. En dépit d’une vigoureuse réaction en 1910, l’existence même de l’Arsenal est mise en cause dans l’immédiat d’après-guerre. Que développer à la place comme activité maritime ?. Le commerce exclu de l’arsenal, a dû attendre l’achèvement du bassin à flot en 1847 pour retrouver un lieu d’accueil spécifique. La canalisation du Blavet achevée en 1838, l’arrivée du chemin de fer en 1862, puis la création des Forges d’Hennebont, ont donné de la vigueur au trafic des poteaux de mine bretons échangés contre le charbon d’Angleterre. Un premier quai vient d’être construit à Kergroise de 1910 à 1919, mais les perspectives restent bien aléatoires.
Depuis le début du XIXe siècle en revanche, la pêche connait un essor remarquable. La sardine a fait la prospérité des pêcheurs et des conserveries de la région, jusqu’à la crise de 1909. Les Groisillons se sont spécialisés à partir de 1850 dans la pêche au thon, qui connait un développement considérable .C’est dans cette tradition qu’est construit le port de pêche industriel de Kéroman en 1927, qui ouvre la voie à la multiplication des chalutiers à vapeur.
Dans l’intervalle, le programme de construction de 1924 avait rendu à l’Arsenal, spécialisé dans les navires de moyen tonnage, toute son importance. Celle-ci devait être dramatiquement soulignée par l’utilisation immédiate et intensive qu’en firent les sous-marins Allemands pendant l’occupation. A nouveau revêtue d’une importance stratégique dont elle avait perdu le souvenir pendant un siècle, la ville de Lorient fut systématiquement bombardée en 1943 aux heures les plus sombres de la bataille contre l’Allemagne nazie.Tardivement libérée le 10 mai 1948, la région Lorientaise, après une difficile période de déblaiement et de reconstruction, a tout mis en œuvre pour développer harmonieusement l’activité de ses 5 ports. Cet équilibre, indispensable à la lumière de l’expérience du passé, est le meilleur garant de son avenir.
A partir de 3600 ans avant Jésus-Christ, un éventail complet de monuments mégalithiques, dont le plus célèbre reste le dolmen du Goérem à Gâvres, atteste la capacité de la rade et des terroirs défrichés alentour à nourrir pendant plus de quinze siècles les populations fortement structurées du néolithique. Au cours de cette période, la mise la mis en place des premières relations entre la péninsule Ibérique, les îles Britanniques et l’Armorique prélude à la constitution d’un véritable espace atlantique conduisant à l’accélération très progressives des échanges.
Deux siècles après la diffusion des premiers objets métalliques par des groupes campaniformes apparentés à ceux du Portugal, le tumulus du Cruguel en Guidel marque vers 1800 avant J.C l’irruption des guerriers de l’âge du bronze ancien venus du Nord et de la Manche.
La civilisation du bronze qui se développe au cours du millénaire suivant en exploitant les ressources régionales en étain et en plomb entraine un accroissement sensible du commerce atlantique qui l‘alimente en cuivre d’Espagne et de Grande –Bretagne. Le Blavet prend alors de l’importance comme une voie de liaison entre les sites de campement côtiers privilégiés par les hommes du bronze, comme Groix et les zones minières de l’intérieur dont l’écoulement de la production pousse à rechercher des débouchés vers l’Est et le Sud-est en dépit d’une attitude réservée à l’ égard des peuples continentaux.
Ces relations s’intensifient après 450 ans avant J.C. avec l’arrivée de la civilisation des champs d’urnes venue de l’Europe Centrale. Au temps des Celtes de l’âge du fer, les liaisons continuent avec la Grande –Bretagne, alors que les contacts avec les mondes continental et méditerranéens se multipliées à partir du II é siècles avant Jésus –Christ.
La rade est intégrée à l’ouest de la cité des Vénètes, grands acteurs du trafic maritimes qui, en échange de l’étain, des esclaves et du sel développé depuis le bronze final, apporte aux pays celtes par Bordeaux et la Loire les produits de luxe et les vins de l’Italie du Nord.
La victoire de Jules César sur les Vénètes en 56 avant J.C. insère la rade dans le monde romain auquel elle est reliée par la voie Nantes–Cap Sizun qui traverse le Blavet à l’emplacement d’Hennebont et le Scorff à Pont-Scorff , tandis qu’ une bretelle rattache directement à cette voie le site de Port-Louis. De 44 après J.C. , année ou la conquête de la Grande –Bretagne par les Romains rouvre des relations atlantiques un moment perturbées par la victoire de César jusqu’ à la fin du III ème siècle, on a le témoignage d’une activité économique supérieure à la simple satisfaction des besoins locaux. On a retrouvé au Resto à Lanester une cuve à garum;
Chapelle du RESTO Lieu de pêche du temps des romains
Le garum est une sauce composé du jus poissons et des plantes. Cela avait une odeur pestitantielle et nécessitait la prise d'une autre plante pour accepter le gout. Une sorte de Nioc man
C'est de la sauce de poisson salé exportée pour ravitailler les cantonnements de la frontière militaire du Rhin. Cette activité ne semble pourtant pas déboucher sur une implantation urbaine ou religieuse d’importance, ni même militaire lorsqu’à partir du milieu du IIIème siècle les raids saxons et frisons interrompent les relations maritimes avec la Mer du Nord.
Sur les rives, par des moyens divers, ont récupérait le sel par séchage naturel.
Il y avait aussi des "gorets" qui permettaient l'approvisionnement en poissons. Le "goret" était une sorte de barrage constitué soit d'un muret de pierre soit d'un assemblage de fageot sur une petite anse de mer. En fait c'était un piège à poissons.
Les bâteaux étaient à fond plat, aussi ils utilisaient comme autrefois une méthode de navigation simple. De la rive et a marée basse, ils chargeaient la cargaison, puis lorsque le niveau de la mer montait , le bâteau flottait et pouvait naviguer sur la mer.
Appelés dès le IVème siècle comme citoyens romains dans toute la Gaule du Nord pour défendre l’Empire, les Bretons prennent alors en charge le défense des côtes de l’Armorique contre les Saxons et les Irlandais , avant de s’y voir confiner au VIème siècle par la pression Franque . La rade est alors dans la zone de prospérité garantie jusqu’au VIIème siècle par une véritable thalassocratie celtique. Waroc, qui donne aux Vannetais l’ile de Groix, comme par la disparition du monastère de Lannénec, reflet des destructions et de l’exode de l’élite de la société.
Dans le monde féodal qui développe au Xème siècle, la chatellerie en réaction contre l’insécurité, le rivage de la mer, d’où surgit l’agresseur, est abandonné pour le fond des rias ou l’on retrouve les voies terrestres de communication et des sites favorables aux fortifications et au défrichement. La construction au XIème siècle sur la rive droite du Blavet du vieux château d’Hennebont est à l’origine de la première agglomération locale digne de ce nom.
Il faut attendre le XII ème siècle pour voir renaitre les relations maritimes avec l’Angleterre dans le cadre de l’Empire Plangenet, pendant que le rivage se repeuple de communautés de pêcheurs comme celle de Pen er Malo à Guidel. Des lors et jusque la fin du Moyen–âge, l’activité maritime ne cesse de se développer en dépit des péripéties de la guerre de successions de Bretagne qui voit Hennebont, base Anglaise au service des Monforts, affronter victorieusement le siège de 1342 sous la conduite de Jeanne de Flandre. La politique de neutralité des ducs de Bretagne envers la France et l’Angleterre fait des marins bretons aux XIV ème et XV ème siècles les intermédiaires privilégiés du commerce des vins et du sel, dont la production est stimulée par l’essor de la pêche au hareng en mer du Nord, tandis que la fabrication des toiles prend sont envol. Le havre du Blavet devient important comme rade de refuge et avant-port d’Hennebont qui exporte des céréales jusqu’en Espagne. La construction du château de Tréfaven reste néanmoins un exemple de la persistance des préoccupations de défense. Le commerce reste tributaire de ses partenaires extérieurs et il se heurte après la fin de la guerre de Cent Ans à la concurrence accrue de la Normandie et à la politique protectionniste des Anglais, au moment ou la puissance de la royauté française met un terme en 1532 à l’indépendance de la Bretagne

carte de la rivière du BLAVET (cimetière de bateaux)
Dès l’époque gauloise, le port de Blavet (Port-Louis) est le lieu d’un commerce maritime. Au Moyen-Age, Hennebont renforce sa position et devient un carrefour commercial, et des caboteurs chargés de sel et de vin remontent le Blavet et le Scorff. Pont-Scorff vit d’un commerce essentiellement régional (commerce des grains, meunerie, boulangerie...) et d’une petite activité de construction navale.
Procès verbal 1736-25
En 1730, le 8 décembre les Etats avaient doté 10000 (francs de l'époque) pour faire creuser un canal de RENNES à Saint MALO.
En 1746, Monsieur de KERSAUSON, membre des Etats, lut un mémoire demandant la construction de 5 canaux en BRETAGNE.
Le façonnage de la petite mer de GAVRES ET BLAVET
A l'initiative de l'Observatoire du plancton, deux scientifiques étaient réunis mardi soir, salle Paul-Émile-Victor, pour une conférence axée sur la Petite Mer de Gâvres.
C'est Claude Decoudu, tout d'abord, qui attira l'attention sur notre environnement proche. Il expliqua comment le cours inférieur du Blavet a façonné la Petite Mer durant des millions d'années. Pour comprendre ces phénomènes, il a fallu analyser les sédiments marins et associer plusieurs disciplines scientifiques comme la paléontologie, l'archéologie ou la minéralogie.
Pierre Mollo qui dirige l'Observatoire du plancton a ensuite expliqué que la mer était un grand potentiel de vie, et l'intérêt que nous avons à les préserver en passant en revue toutes les potentialités offertes pour se soigner.

Claude DECOUDU et Pierre MOLLO (presse OUEST-FRANCE 19/11/2009)
Désormais liée au destin national, la Bretagne subit au XVI ème siècle les répercussions des luttes engagées par la France contre les Habsbourg et l’Angleterre, tout en bénéficiant d’une reconversion de son trafic vers l’Espagne ou elle échange ses toiles contre de l’or et l’argent du Nouveau Monde. Elle élargit encore son horizon vers Terre-Neuve ou débute la pêche à la morue. Blavet se mêle à ces entreprises sans pouvoir pour autant prétendre s’assurer une position prépondérante dans un espace breton alors dominée par Saint-Malo et les côtes de la Manche .Tout change à la faveur des guerres de la Ligue. De 1590 à 1598, les Espagnols se fortifient à Blavet sous les ordres de Don Juan del Aquila venu prêter main forte au duc de Mercœur. Récupéré par Henri IV au traité de Vervins, ce point d’appui tourné à l’origine contre la terre devient la citadelle qui ferme à jamais l’entrée de la rade à toute entreprise militaire. La citadelle devient immédiatement un atout essentiel pour l’affirmation du pouvoir royal qui y installe son lieutenant général pour la Bretagne et donne en 1618 à Blavet le nom de Port-Louis. Jusqu’alors négligée, la rade se trouve à partir du XVIIème siècle au cœur du développement de la puissance maritime du royaume et de la rivalité qui l’oppose bientôt à la Hollande et à l’Angleterre.
Avec le bienveillant accord de Monsieur René Estienne Archiviste Paléographe du Service Historique de la Marine à Lorient et de son adjoint Jean Yves Le Glouahec.
La rade de Lorient vers 1980, cliché B.A.N. de Lann-Bihoué.
La rade de Lorient vue par Bruant
je pris place dans la diligence de Lorient
C’est une ville toute neuve, née du commerce, vivant de l’administration, et qui s’inquite peu des souvenirs.
Tout le monde y mange le pain du budget et tout le monde, y fait un peu d’opposition. Je n’ai rencontré une ville si ardente au plaisir . Tout Lorient danse, court le spectacle, se promène à la mer, étale les pique-nique sur l’herbe et baîlle à tire-larigot.
Mais sa rade est un miracle .Il n’y a pas au monde un plus riant point de vue.La première fois que je vis le soleil se lever derrière les grands pins de Caudan éclairant Penmané, le roccouronné de ruines, le vieux couvent de Sainte-Catherine, l’île Saint-Michel, Port-Louis, qui ressemble à une ville des Antilles, Kernevel, pareil à une bourgade de l’HINDOUSTAN ?Keroman, l’antique manoir perdu dans ses futaies, et ce joyeux château du Te, au sommet d’un amphitéatre de forêts, je restai en extase.
La rade étincelait au milieu de tout cela, baignant les quais, balançant par-dessus les maisons mes mâts des navires de guerre. D’un côté pénétrant profondément la côte par le canal du Scorffet la verte tranchée du Blavet, de l’autre parl’étroite passe qui est entre la citadelle et Larmor, s’élançant vers l’immensité.
Je me sentis marin des pieds à la tête, et j’affrontai sans trembler ces ondes plus unies qu’une glace, pour aller à Port-Louis rendre visite à M. Keroulaz.
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Mémoires du Comte de FORBIN (collection des mémoires 1819)
1695: Le roi m'ayant confié le commandemant du vaisseau LE FRANCAIS et à Monsieur de BEAUBRIANT , celui du vaisseau FORTUNE pour les employer à détruire les balainiers Hollandais sur les côtes de SPITZBERG, nous sortîmes tous les deux du PORT-LOUIS ou nous avions fait caréner nos vaisseaux
1695: Nous combattiment 3 vaisseaux Anglais et nous les amarinâmes tous trois, nous les escortâmes dans le PORT-LOUIS; Les richesses dont ils étaient chargés donnèrent plus de 21 pour 100 de profit, malgré le pillage qu'il n'avait pas été possible d'empêcher.
1696 : Après quelque séjour à PARIS, je pris tout d'un coup, la résolution de me rendre au PORT-LOUIS, dans le dessin d'y armer le SANS-PAREIL, que j'avais pris aux Anglais.
Ce vaisseau étant caréné, je mis la voile sur le port de VIGO.
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Le BLAVET permettait le passage de navires divers qui remontaientt jusque HENNEBONT et INZINZAC - LOCHRIST
Photos de navires circulant dans la rade
Ce lougre côtier est celui du maitre de forge Émile Trottier. La houille d'Angleterre et les ferrailles de Bretagne arrivaient par bateaux à voiles et à vapeur au port fluvial d'Hennebont. Ces bateaux transportaient en fret de retour les bois destinés à l'étayage des mines anglaises.
Maquette du lougre Élisa :(Cette maquette est visible au musée des FORGES de LOCHRIST que je vous conseille fortement de visiter)
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Navires divers qui fréquentent la rade
(Cliquez sur une image pour l'agrandir)

Le SEABOURN PRIDE DANS LA RADE Jeudi 7 mai
Cargo AURORA DANS LA RADE DE LORIENT LE 6 mai 2009
(largeur maxi des navires venus dans la rade)
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Sur le BLAVET des navires spécialisés dans la pêche aux crabes 2009
BOUVET en attente de destruction Pont du bonhomme vue de Pen Mane
BLAVET VU DU PONT DU BONHOMME
Certainement la rade la plus belle du Grand Lorient
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Exposition A. GUILLOT à l'Hotel de l'Amiral au Péristyle à LORIENT
A. GUILLOT à photographié énormément Lorient et ses alentours.
D'abord celle d'un port à marée sans écluse, permettant l'entrée et la sortie à tous états de la marée. C'est la meilleure solution pour éviter les pertes de temps. Il y a deux bassins : le « Grand Bassin » et le « Bassin Long ».
Dans le Grand Bassin, destiné aux plus grands navires, le môle Sud-Est jouera le rôle de quai aux charbons, avec 27 m. de largeur sur 250 m. de longueur. Les navires de charbon destinés au ravitaillement des chalutiers viendront accoster extérieurement, avec 8 m. de tirant d'eau. Sur l'autre côté du même quai, mais à l'intérieur du bassin, se tiendront, sur 250 m. de long, les chalutiers. La profondeur n'aura pas besoin d'être aussi grande, le chalutier n'ayant qu'un tirant d'eau de 3 m. 60 à 4 m. 50; les fonds y seront de 5 m. au-dessous des basses mers moyennes, et les navires y seront toujours à flot.
Chargement d'un chalutier. — Comme un port de pêche est avant tout une bourse au poisson placée sur une gare, l'évacuation s'en effectue rapidement. Deux voies ferrées et des transporteurs de charbon desservent ce quai, dont l'outillage est dû aux Chantiers de la Loire. Si le cargo charbonnier doit servir à la consommation des usines du port de pêche, il sera déchargé sur wagons. Si au contraire sa cargaison est destinée aux chalutiers, elle sera déchargée par le portique sur un transporteur longitudinal. Une chaîne à godets est munie d'un mouvement continu pour décharger à un endroit quelconque du môle. On a estimé barbare d'être obligé de déplacer bateaux ou portique, au lieu du charbon plus léger. On a voulu également pouvoir remplir un silo avec du charbon qui se trouve à l'autre bout du quai et donner ainsi une solution à tous les cas possibles d'emplacements respectifs de l'engin transporteur et de la marchandise transportée. Tout l'outillage a été prévu pour effectuer le plein des soutes d'un chalutier avec le maximum de célérité possible.
Au Bassin Long, le Quai Est (dans son tiers Sud) jouera le même rôle que le quai Nord du Grand Bassin et sera destiné aux chalutiers à vapeur ; il a une profondeur de 4 m., sous basse mer de vive eau. La partie du quai spécialisée pour le chargement en charbon des
vapeurs de pêche (ainsi que de la glace) sera un peu inférieure à la partie consacrée aux opérations concernant directement le poisson, mais, si on compare le déchargement du poisson au chargement du charbon, il faut compter en moyenne par chalutier1 pour la première opération 2 m. 50 à 3 m. de quai, et même jusqu'à 5 m. en raison de l'irrégularité des arrivages des chalutiers, et pour la deuxième 8 m. (2 à 3 m. seulement pour le chargement des bateaux à voile ou à moteur)2.
Cette place disponible permet le ravitaillement d'un maximum de vingt chalutiers par jour. La force motrice nécessaire pour le fonctionnement simultané de ces installations est d'environ 630 kw., l'alimentation en énergie étant assurée par le secteur de la ville de Lorient.
On peut regretter que cette installation ait été conçue uniquement en vue de fournir les soutes en houille crue, alors qu'à Lorient la grande majorité des chalutiers, et après de multiples essais, s'est de plus en plus engagée dans la voie d'utilisation des agglomérés. Il n'est pas impossible qu'une telle organisation permettant de faire des soutes en agglomérés ne voie le jour dans un avenir prochain.
Les possibilités de déchargement de charbons à Kéroman, qu'on peut évaluer pratiquement à 200 000 ou 300 000 t. par an, sont établies de manière à prévoir la grande extension que pourra prendre le chalutage.
Le port de pêche de Lorient-Kéroman vient d'être concédé par Décret du 23 février 1927.
Les frais de construction de ce port de pêche atteignaient, au moment de la concession, de 44 à 45 millions de francs. Quand le slip, qui n'est pas encore concédé, aura été construit, dans un an ou deux, les dépenses totales s'élèveront à près de 50 millions. Le concessionnaire compte mettre le port en exploitation dès le début de l'été 1927.
Le port de Kéroman a été construit par l'État. On remarquera le rôle important des États dans ces initiatives. Il en a été de même à Geestemûnde, où l'État prussien s'est réservé un droit de contrôle sur la Société fermière à laquelle il a confié l'administration du port. De même Nordenham, en amont de Geestemûnde, a été créé par l'État oldembourgeôis et loué à bail à la « Société allemande des pêcheries à vapeur de la Mer du Nord.
De même encore Cuxhaven est une propriété de l'État hambourgeois, qui l'a créé en 1907, et l'exploite en régie. Semblablement pour Ijmuiden, construit et exploité en régie par l'État hollandais, mais plus en vue de l'approvisionnement du pays que pour faire des bénéfices.
L'installation de Kéroman offre un grand contraste avec celle de Boulogne où la pêche utilise un quai muni de moyens de levage dont la construction ne comporte pas de dispositifs techniques aussi spéciaux en vue de la pêche ; le développement considérable du trafic excède les emplacements actuels, et cela notamment à cause de l'étroite juxtaposition des diverses fonctions qui y sont réunies en sus du port de pêche : port de commerce, port de voyageurs et station balnéaire. A La Rochelle d'importants travaux viennent d'être achevés au port de La Rochelle-Ville. Comme on voit, le port de Kéroman en tant qu'organisme spécialisé construit loin de toute agglomération préexistante est donc unique en France.
conclusion
Telle est donc cette grande création. Le rôle des facteurs géographiques et économiques a été indiqué au cours de cette étude, mais celle-ci demeurerait incomplète si on y passait sous silence le rôle de l'homme, l'initiative en la matière de quelques personnalités animées d'une même foi et représentant les trois formes d'action nécessaire, la politique, le commerce, la technique : Nail, Marcesche, Verrière.
En ce qui concerne l'avenir, il faut tenir compte de deux facteurs : le premier est la variabilité de la consommation du poisson, due aux successions de prospérité et de marasme de cette industrie, ou même parfois du prix du combustible. De 1903 à 1907, prospérité ; de 1908 à 1910, affaissement ; de 1911 à 1914, légère reprise. Pendant la guerre, prospérité inouïe de ceux qui restaient. En 1920, désarmement, les prix du poisson ne couvrant pas les hauts prix du charbon cette année-là. Puis lente reprise. A partir de 1923, développement progressif et continu. Enfin tout récemment, été et automne 1926, crise aiguë et passagère du chalutage lorientais, occasionnée par la convergence de trois sources de malaise : crise de charbon due à la grève anglaise, — crise de pêche, — et enfin mévente des produits du chalutage français, la baisse subite de la livre ayant permis l'introduction en France du poisson hollandais et anglais.
Toutefois, un second facteur intervient, dominant le premier : c'est l'accroissement prévu pour un avenir prochain du nombre des chalutiers, sans qu'il soit question pour cela d'en employer pour d'autres pêches que celles pratiquées actuellement, et cela grâce à Kéroman. A son tour, il entraînera immanquablement le développement des industries connexes du port de pêche, comme par exemple l'industrie du traitement des déchets de poisson, qu'il est déjà question d'installer.
Donc pour le charbon des chalutiers comme pour le poisson, variabilité périodique, mais courbe générale d'accroissement.
Le chalutage lorientais offre ainsi un type d'industrie originale. Dans sa naissance : elle n'est pas issue du développement d'une industrie de pêche plus modeste, qui se serait élevée au rang de grande industrie grâce à la vapeur ; c'est l'initiative d'importateurs de charbon qui a tout fait : pour développer leur commerce et leurs usines de briquettes, ils ont implanté une industrie, encore jeune ailleurs, absolument nouvelle dans ce port. Dans ses rapports avec la consommation nationale : il suffit de rappeler le rôle actuel du poisson dans l'alimentation et comme régulateur de la vie chère par sa concurrence avec les hauts prix de la viande, et le petit nombre des grands ports de pêche, pour souligner la large part prise par Lorient dans ce mouvement. Dans son aboutissement actuel enfin : la prospérité du chalutage a été à son tour la cause d'une organisation d'État, celle du nouveau port de pêche, une des belles pièces de notre outillage moderne.
C. ROBERT-MULLER.