Penmané : Les phragmites

Les marais de Pen Mané ont été l’objet d’importants travaux dans la période écoulée (2007) au titre de la préservation de la nature et la sauvegarde de la nature. Cela fait une zone supplémentaire : Zone de Protection Spéciale (Z.P.S.).
On ne peut que se féliciter de la sauvegarde de ces marais sur notre commune. Cela fait parti de notre patrimoine communal.

Et notre « Phragmite » c’est quoi exactement ????

Le Phragmite est une espèce de roseaux très communs que l’on rencontre partout dans le monde entier. Il pousse dans les eaux salines (globalement moitié eau salée moitié eau douce). Le cas du marais de Pen Mané par exemple.
Il n’a aucun usage industriel. Toutefois, dans certains pays, on en fait de la pâte à papier.

Le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) est une fauvette des marais. C'est un oiseau migrateur qui se reproduit en Europe, en Asie de l'ouest ou en Asie centrale et qui passe l'hiver en Afrique subsaharienne.
Il mesure environ 13 cm pour une envergure de 19 cm et un poids de 10 à 13 g. L'adulte a le dessus de la tête strié et possède un sourcil clair bien marqué. La gorge et le dessous de l'animal sont clairs, le dessus se dégrade du vert olive au brun. Les deux sexes sont similaires, comme à la plupart des fauvettes, mais les jeunes sont striés de brun sur la gorge. Comme la plupart des fauvettes, il est insectivore, mais pourra se nourrir également de baies.

Il peut vivre jusqu'à 7 ans.
Le phragmite des joncs vit près des zones humides, dans les buissons touffus des fossés, dans les phragmitaies (comme Pen Mané) ou les saulaies, ou les grands joncs.
L'adulte émet un cri d'alerte depuis un perchoir haut placé lorsqu'un intrus entre dans son territoire. Le phragmite des joncs peut parfois effectuer un vol nuptial proche de celui du pipit des arbres.

Nidification

Le nid du des joncs est une coupe, peu organisée, recouverte de tiges et de feuilles ; c'est la femelle qui le construit dans la végétation basse et dense. Elle pond environ 4 ou 5 œufs entre mai et juillet, ils sont verdâtres et tachetés de jaune et de brun-gris.
Le mâle ne participe pas à l'incubation qui dure environ 2 semaines.
Sans être en danger de disparition (menacé) dans le monde, cet oiseau est assez rare dans l’Ouest de la France.
En France, il existe plusieurs secteurs importants et favorables pour l'observation du Phragmite aquatique entre le début du mois d'août et le 20 août (voir notre carte): mais le plus souvent il vous faudra participer à une séance de baguage pour avoir la chance de le voir!

1- les roselières de la Baie de Somme, en particulier la renclôture Elluin à Noyelles-sur-Mer (80)
2- les roselières de l'estuaire de la Seine (76)
3- la roselière de Genêts, dans la Baie du Mont Saint-Michel (50)
4- le marais de l'Aulne (Aulne - rade de Brest), commune de Dinéault (29)
5- le marais de Trunvel, communes de Tréogat et Tréguennec (29)
6- le marais de Pen Mané, en rade de Lorient, à Locmiquelic (56)
7- les roselières de l'estuaire de la Loire, en particulier le Massereau (44)

Les causes du déclin

On estime que 95% de l'habitat du Phragmite aquatique a été perdu au cours du dernier siècle!
Les raisons de cette perte sont diverses:
- changements du régime hydrologique de certaines cours d'eau, qui affectent par exemple les principaux sites de nidification du Bélarus (Dikoe, Zvanets et Sporova), et entraînant soit un manque soit un excès d'eau.
- abandon des méthodes agricoles traditionnelles, comme en Pologne (marais de Biebrza et de Lublin), en Lituanie, en Russie (région de Kaliningrad), dans le Bélarus (Zvanets, Sporova), et en Ukraine (région de la haute Pripyat) provoquant un renfermement du milieu par le développement des roselières ou des saulaies.
- drainage de zones humides
- extraction de la tourbe ou du sable
- canalisation de cours d'eau
Le feux non contrôlés dans des zones où la tourbe est très sèche sont aussi très négatifs; par exemple, dans la vallée de la Biebrza en Pologne, un feu a ravagé près de 3 000 ha en pleine saison de nidification! En Hongrie, on a constaté que les secteurs brûlés n'étaient réoccupés par l'espèce que 5 à 6 années plus tard. Toutefois, le feu peut aussi aider à maintenir le milieu ouvert.

Le mystère de l'hivernage du Phragmite aquatique enfin résolu

Après cinq années de recherches, une expédition a pu repérer au Sénégal durant l'hiver 2006-2007 les sites d'hivernage du Phragmite aquatique. L'expédition a été organisée avec la BirdLife International Aquatic Warbler Conservation Team L’'expédition a permis d'observer de 5000 à 10000 Phragmites aquatiques dans un secteur d'environ 100 kilomètres carrés dans le parc national du Djoudj, une zone importante pour la conservation des oiseaux (IBA) située au nord-ouest du Sénégal.
Les chercheurs de BirdLife International et de la RSPB ont combiné une approche scientifique ultra-moderne avec un travail de terrain traditionnel. L'équipe a analysé des plumes de Phragmites aquatiques attrapés en Europe : en effet, pour savoir si celles-ci avaient mué sur des sites d'hivernage africains, les biologistes ont effectué une analyse isotopique et les ont comparés avec la carte des isotopes d'Afrique d'ouest. Cette étude a révélé que les oiseaux passaient l'hiver dans une zone située juste au sud du Sahara.
Une synthèse des rares données africaines disponibles combinée aux résultats d'un modèle informatique prenant en compte les conditions climatiques potentiellement favorables ont conduit les chercheurs à retenir les zones humides bordant le fleuve Sénégal.
Pour Paul K Ndanganga, le coordinateur de l'African Species Working Group de BirdLife Africa, "il s'agît d'une découverte attendue depuis longtemps, qui encourage les protecteurs de la nature en Europe et en Afrique.
La prochaine étape sera de protéger et de gérer convenablement les zones d'hivernage ". Martin Flade, président de AWCT, ajoute : "Heureusement, la plupart des secteurs d'hivernage sont déjà protégés, et le parc national du Djoudj accueille probablement à lui seul pendant la mauvaise saison jusqu'à un tiers de la population mondiale. Mais cette zone est menacée par l'avancée du Sahara et le changement de climat".

De nouvelles études sur le terrain et une analyse des cartes satellite aideront à identifier d'autres sites potentiels dans le sud de la Mauritanie et ailleurs en Afrique de l'Ouest. L'expédition a été financée par la RSPB, le gouvernement du Royaume-Uni (DEFRA), la Convention de Bonn (CM), et la German Ornithological Society.
A visiter, le site web www.aquaticwarbler.net.

Nom binomial (pour les spécialistes)

Plantes vivant dans le marais de Pen Mané

Renoncule à feuilles de cerfeuil ; Renoncule des marais (Français) Ranunculus paludosus Poir.
Callitriche stagnalis Scop. Callitriche des marais (Français)