Ile Saint-Michel


Le Lazaret et l’île Saint Michel

- Poudrière de l'île Saint Michel (Gérard Le Bouedec)
- Etude de Monsieur Estienne, Archiviste paléographe
- Les commandos sur l'île Saint-Michel


Les Port-Louisiens tiennent beaucoup à garder les vaisseaux du Roi dont les hautes superstructures mettaient une animation gaie sous les rigides bastions du fort.

On sait les protestations quand, le commandant de Beaujeu voulut conduire à l’Orient sa division de la l’armée de Tourville ; nos bons pilotent maugréèrent, ivres, dit-on, peut être pas, ils échouèrent plusieurs navires sur les bancs du Turc et de Saint Michel.



ILe Saint Michel prise d'avion

Le Lazaret et l’île Saint Michel

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Autre document:
Le prieuré de Saint-Michel des Montagnes, situé primitivement en Ploemeur, est fondé en 1037, par Huélin, seigneur d'Hennebont, beau-frère d'Alain Cainard, comte de Cornouaille. Le Cartulaire de Quimperlé conserve le texte de l'acte de fondation : "Moi, Huélin, fils de Bérenger, au nom de la sainte et indivisible Trinité, en présence d'Alain, comte de Cornouaille, et de Budic, évêque de Vannes, pour le salut de mon âme, de ma femme Avan, de mes parents et de mes enfants, je donne et concède, avec l'agrément de mon fils Guégon et de ma femme, à l'église de Sainte-Croix de Quimperlé, l'île de Tanguethen (Saint-Michel, dans la rade de Lorient), libre et quitte de toute redevance, comme je la possédais moi-même. Mais ce don nous paraissant trop faible, nous y ajoutons l'église de Saint-Gunthiern dans l'île de Groix et celle de Saint-Méloir, avec leurs terres, en souvenir de notre fraternité avec Sainte-Croix, les moines nous ayant offert spontanément et charitablement trois chevaux et un tapis. Nous avons fait ce don en présence des grands du comte de Cornouailles, qui tenait alors sa cour à Quimperlé, et entre les mains du glorieux serviteur de Dieu l'abbé Gurloés, ... l'an de l'Incarnation 1037". La première opération des religieux, en prenant la possession de l'île de Tanguethen, est d'élever sur son point culminant une chapelle en l'honneur de Saint-Michel. Dès lors, l'île prend le nom de Saint-Michel. Cette île située, au milieu de la rade actuelle de Lorient, ne contient guère que six journaux de terre. C'est trop peu pour l'établissement d'un prieuré ; le fondateur le sait, et c'est pour compléter son oeuvre qu'il donne les églises de Saint-Gunthiern et de Saint-Méloir, avec leurs dépendances. Mais Groix est loin, le passage parfois dangereux : c'est pourquoi les moines de Quimperlé, ayant acheté ou reçu en don des terres considérables dans le quartier des Montagnes en Ploemeur, jugent plus commode et plus simple d'ériger Groix ou Saint-Gunthiern en prieuré distinct et d'unir Saint-Michel aux Montagnes, et d'avoir ainsi le prieuré de Saint-Michel des Montagnes
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En l’an XI ( 1795 ) la Marine loue l’ancien couvent des récollets de Sainte Catherine. Elle en fait un hôpital maritime de quarantaine. Les malades du vaisseau le SAN GENERO, de retour de Saint Domingue, sont les premiers occupants. Tous les marins victimes de la fièvre jaune sont placés en quarantaine sur cette ile ainsi que les galeux et les aliénés.

En 1809, le ministre envisage la construction d’un lazaret sur cette ile.

En 1813, le virus de la fièvre jaune est annoncé en Espagne. Aussi, de nouvelles mesures de quarantaine sont prescrites.

En 1821, des mesures nationales sont prises pour lutter contre la fièvre jaune Un bâtiment, l’Oiseleur, est mouillé dans la rade de Lorient.

La passe de Sainte Catherine est retenue pour le mouillage en quarantaine des navires. L’un des premiers navires étrangers mis en quarantaine dans la passe est Shamrock (Américain). Toutefois, cette solution ne convient pas à la Marine, du fait du blocage de la passe de Lorient aux autres navires. Le projet de la construction du Lazaret sur l’ile Saint Michel revient à l’ordre du jour.

Le préfet du Morbihan, Chazelles, réquisitionne l’ile Saint Michel, contre l’avis des autorités militaires. Dans l’attente des constructions de bâtiments sur cette ile , le Préfet propose une installation provisoire d’un établissement médical sur l’ile Sainte Catherine. C’est le 5 novembre 1809 que la cession de l’ile Saint Michel est définitivement rétrocédée aux autorités civiles.

Le maire de Lorient De Kerdrel, inquiet de cette cession, convoque une réunion de toutes les autorités civiles et militaires de Lorient et met à l’ordre du jour la question de la construction du Lazaret sur l’ile. Le Procès Verbal de cette réunion du 29 mai 1821 lève toutes les peurs : »…. les règlements sanitaires seront exécutés dans toute leur extension…… le placement d’un lazaret sur l’ile Saint Michel est sans inconvénient et qu’au point de vue des intérêts commerciaux, il peut être avantageux…. ».

En 1822, des bâtiments provisoires sont construits permettant de recevoir un équipage de navire.

En 1823, en date du 5 novembre, une ordonnance royale permet la construction du lazaret.

En 1824, après bien des tergiversations, les travaux débutent en fin d’année, selon les plans de De LUSSAULT. Une ordonnance du 7 juillet 1824 crée une sorte de Directoire comprenant le Maire de Lorient, le médecin chef Sévère, son adjoint le médecin LE Goff, le médecin de la Marine Fouilly, le médecin Lestrohan (spécialiste en maladies épidémiques).

En 1830 Le sous préfet prend définitivement possession du lazaret.

En 1833 La Marine tente de créer une poudrière, compte tenu de la faible utilisation du lazaret.

En 1745 L’ile Saint Michel, située au milieu de la baie, entre Lorient et le Port-Louis, la divisait en deux rades ; l’une, la rade du Port-Louis, recevait les vaisseaux en quarantaine, ou en partance pour leur destination indienne ; l’autre, la rade de Penmanec, plus près de Lorient, contenait les vaisseaux arrivants, ou sortis récemment du port. Toutes les pointes ou promontoires autour de la baie, ainsi que l’île Saint Michel, furent couronnées de batteries de protection, d’établissement de secours, de maisons de plaisance, qui mêlaient leur motif d’utilité pittoresque d’un paysage plein de vie.

En 1750 Des ingénieurs les plus distingués du temps vinrent de Paris pour faire le tracé du port et de la ville. La compagnie appela à Lorient les officiers de marine, les pilotes, les maîtres de manœuvres les plus formés de la France, pour coopérer aux travaux du port : on sonda, creusa, balisa la rade et les passes. Le port était naturellement nettoyé par le courant des eaux du Scorff et du Blavet. Les rivages graniteux des deux rivières fournirent leurs énormes blocs de granit bleu aux constructions qui d’élevèrent de toutes parts. Les plate-formes des quais, des chantiers, des machines à mâter, les immenses magasins d’entrepôt,les hôtels des douanes, des gouverneurs pour le roi, les bureaux des fermiers généraux et des agents de la compagnie, les écoles gratuites, les ateliers de tous genres, une élégante tour de la découverte ( on y voit encore quelques retes d’une tour du château de ROCH-YANN (d’où viendrait l’origine du nom de la ville de Lorient), la chapelle, les aqueducs, les casernes, un hôpital, un moulin à poudre, les avenues, les places, les dalles et jusqu’aux pavés, tout était fait avec ce beau granit.

Poudrière de l'île Saint Michel (Gérard Le Bouedec)

Cet ilot de près de 5 hectares occupe une position stratégique au milieu de la rade.

Depuis le XIème siècle, l’ile saint Michel est le siège d’un prieuré .Le monastère de Sainte Croix de Quimperlé reçoit en donation ce prieuré de Saint Michel des Montagnes .Une chapelle consacrée à Saint Michel est alors édifiée au sommet de l’ile .Du XIIe s. au XVe s, le prieuré échoit au Camerarius de l’abbaye chargé de la gestion des biens de Sainte Croix. La position stratégique de l’ile se révèle source de revenus.

Les caboteurs qui remontent vers Hennebont et Pont-Scorff, doivent s’acquitter d’une redevance en nature sur le sel et le vin .Le prieur assure la garde de l’étalon de la mesure de vin d’Hennebont et reçoit la dîme de l’île de Groix dont il est le recteur.

L’abbaye de Sainte Croix perd peu à peu le contrôle de l’île et, en 1613, consent sa cession au collège des prêtres de l’Oratoire, moyennant une rente de 50 livres par an. Ce transfert ne redonne pas de lustres à l’ile. La gestion des intendants des Oratoires n’est pas sans critique .La création de Port-Louis, en 1618, prive l’île de ses droits et de ses taxes. La vie religieuse disparait progressivement et, après 1645, les offices ne sont plus célébrés.

Ile Saint-Michel, 20 m d'alt. Prieuré Saint-Michel fondé en 1037. Job Jaffré (1) écrit dans son "Secrets et Mystères de nos Ker" : Saint Michel a supplanté le "dieu souterrain" de l'ancien tumulus". N 47°43,57' W 3°21,41' au point culminant de 20 m d'alt. Le territoire de Lorient a été pris sur celui de la paroisse primitive bretonne de Ploemeur. Dans une lettre en breton du 28 mars 2001, M. Erwan Vallerie fait observer que l'on peut se demander si le tan de Tanguethen, nom vieux-breton de l'île Saint-Michel, ne serait pas le mot breton tan qui signifie "feu". Peut-il y avoir un rapport entre Tanguethen et le Vindana Portus de la Géographie de Ptolémée (100-178) (embouchure du Blavet et du Scorff ?, Gâvres? , Port-Louis? ou Belle-Ile? (Cf. P. Naas, Histoire rurale des Vénètes armoricains, p. 26).

1 : Job Jaffré, alias Jos Pempoull, est un nationaliste breton. Journaliste du Nouvelliste de Lorient, militant du Parti National Breton, il est animateur de Radio Rennes Bretagne pendant l'Occupation allemande et rédacteur en chef de L'heure bretonne à partir de décembre 1940. Il est par la suite journaliste à La Liberté du Morbihanet écrivain défenseur de la culture bretonne. Il a consacré de nombreux articles à l'onomastique.

Etude de Monsieur Estienne, Archiviste paléographe

L’Ile Saint Michel est un îlot de 4 ha 72 de granit situé au milieu de la rade de Lorient. Terrain militaire, il sépare Port Louis et Pen Mané et laisse pour accès à Lorient deux passes dont celle de l’Ouest, entre l’île et Kéroman qui a été de tout temps la seule empruntée par des bâtiments.

Le Prieure des montagnes

Primitivement dénommée Tanguethen, l’île devient le siège du prieuré de Saint Michel des Montagnes lorsqu’en 1037 Huélin d’Hennebont en fait donation avec deux églises de Groix aux monastères de Sainte Croix de Quimperlé, fondé «en 1029 par son beau- frère le comte Alain III de Cornouaille. Une chapelle consacrée à Saint Michel est édifiée au sommet de l’île, et une autre , Notre Dame de Plaskaêr, dédiée à la Vierge.

Du XI ème siècle à la fin du XV ème siècle, le prieuré des Montagnes semble communément attribué au CAMERARIUS de l’Abbaye, c'est-à-dire au chambrier charge de la gestion des biens et du trésor. Cette attribution produit d’heureux effets puisqu’au cours des ans le temporel s’agrandit au point d rassembler en l’an 1120 huit villages, et seize en 1636, ce qui donne au prieuré d’assez confortable revenus. Un certains nombres de droits sont attachés à l’île, notamment des droits de trépas, c'est-à-dire de passage sur la rade : chaque bâtiment allant à Hennebont, Pont-Scorff ou ailleurs et transportant neuf pipes de vin, doit en donner au prieur quatre pots. Les bateaux chargés de sel doivent un minot de cette matière. Le prieuré a aussi la garde de l’étalon de la mesure du vin d’Hennebont, et recueille la dîme de l’île de Groix dont il est le recteur.

Les oratoriens de Nantes

A partir du milieu du XV ème siècle, le prieuré et ses droits échappent progressivement à l’emprise de Sainte Croix. Ce sont d’abord les Cordeliers qui en 1466 viennent s’installer à Sainte Catherine et sont exemptés de droit de passage. Surtout, le prieuré devient sources de revenus pour des prieurs commanditaires dont le premier, Guy de Quérissec, mort en 1515, ouvre la voie à une longue suite de personnages qui se succèdent à quelques années d’intervalle ; ce qui n’est pas signe d’une grande prospérité .L’abbaye, qui ne reçoit plus de revenus, assure pendant quelque temps le service religieux par l’intermédiaire des chapelains, puis le 9 décembre 1613, consent a l’union du prieuré au collège des prêtres de l’Oratoire de Nantes, moyennant une pension de cinquante livres par an.

De la prospérité » religieuse, l’île Saint- Michel ne retire pas grand profit. Les prieurés ne sont pas installés sur son sol, mais au « lieu noble des Montagnes », à l’intérieur des terres. La chapelle Saint Michel reste le seul édifice notable, encore que assez mal entretenue, et l’intérêt de l’île réside surtout en ses lapins pour la chasse desquels le lieutenant de Port-Louis verse une rente de deux écus par an. L’aspect de l’île ne doit pas différer de sont état actuel. En 1636, Dubuisson remarque : « Cette isle Saint Michel est grandette et environ de la grandeur du Fort-Louis ou un petit plus, de forme ovale pointue ».Il y a force massures de bastimens de pierre et force broussailles et buissons. Il y a du lapin, et vers le gros de ladite isle est un puits d’eau douce. Au lieu d’icelle le plus élevé est une chapelle de Saint- Michel siège d’un prieuré.. ».

Pas plus que l’abbaye Sainte-Croix, les pères de l’Oratoire ne s’occuperont eux-mêmes de l’administration du prieuré. Ils en confient le soin à un intendant, pas toujours exempt de reproches, tel ce Nicolas Riou qui fait abattre la chapelle du Plaskaêr et qui mure en 1650 les fenêtres de la chapelle Saint Michel. Les derniers offices furent célébrés en 1645. Quant aux droits sur la rade, ils sont balayés après l’édit du 17 juillet 1618 créant Port-Louis. Désormais, la période religieuse de l’île est terminée et son sort va se trouver liée au développement de l’activité maritime de Port-Louis et de Lorient.

Premières tentatives de la compagnie

La construction de Lorient à partir du 31 août 1666 renouvelle l’intérêt porté à l’île Saint-Michel. La conservation des poudres à canon fait peser une menace permanente sur la ville et les magasins de la Compagnie. De plus, la rade de Port-Louis est désignée à partir de 1669 comme port de retour de tous les vaisseaux du commerce des Indes .Le problème se pose alors de l’accueil des malade, nombreux au retour des campagnes, et qui représentent un danger certain d’épidémie. Poudrière ou hôpital, l’île semble l’endroit idéal, mais ces projets ne tarent pas à trouver leurs adversaires. Les opposants au lazaret font valoir que l’île est un lieu de passage fréquenté ; il y a un bac à cet endroit, nommé le passage de Bec-Kergroès, ou de Sainte Catherine , et reliant ces deux pointes, affermé par l’Oratoire pour cent livres par an ; et qu’il « serait fort à craindre que le mauvais air de ce lazaret ne se communiquast bientôt dans tous les endroits .Car quand le vent seroit au nord, il le souffleroit sur le Port-Louis ; quand il seroit au sud, il le porteroit sur Lorient ; et quand il seroit à l’ouest, il le souffleroit sur tous les bateaux qui passent continuellement à une portée de mousquet de cet îlot ».

L’idée d’une poudrière, en revanche, fait son chemin. Le 1er juin 1720, M.de Rigby, directeur de la Compagnie des Indes à Lorient, présente un projet de cession de 435 toises de terrain de l’île Saint destiné à y établir un magasin pour soixante milliers de poudre , et fait commencer les travaux sans même attendre le consentement des Oratoriens . Une maison et des magasins sont construits. Mais, en dépit de la signature en 1726 d’un contrat d’afféagement mettant l’île tout entière à la disposition de la Compagnie, et du projet d’y transférer les moulins à blé établis jusqu’ alors dans l’enclos de la Compagnie à Lorient , les travaux sont abandonnés. Les villes commerçantes du royaume mirent en avant les dangers d’explosion pour les navires en rade, et l’augmentation du taux d’assurance qui allait en découler. La Compagnie dut affermer en 1730 le château de Tréfaven pour y loger ses poudres, et conserva ses moulins à l’intérieur de l’enclos.

L'acquisition et la fortification

L’île Saint-Michel est ensuite délaissée jusqu’au jour de 1746 ou les Anglais débarquent au Pouldu. C’est l’occasion de s’apercevoir qu’aucun effort cohérent n’a été mené jusque –là pour la défense de Lorient. L’indécision britannique fait que la ville en réchappe, et la Compagnie retient la leçon. En 1748, elle passe avec les Oratoriens un bail à péage par lequel ces derniers lui abandonnent la propriété et la jouissance de l’île, ainsi que le passage de Kergroise, contre trois cent livres de rente annuelle, l’entretien du passage et celui de la chapelle de Saint-Michel.

Aux raisons traditionnelles s’ajoutent des motifs de police de la rade : assistance aux navires, contrôle du passage, notamment pour empêcher les soldats de Port-Louis de déserter, protection des passes parsemées de décombres, récupération des bois et autres objets enlevés au port de Lorient par les marées.Quant aux fortifications, il faut attendre la guerre de Sept Ans pour que l’on construise à partir du 1er avril 1756 une batterie avec hangar, poudrière et des fortifications pour la défense de la rade et de Lorient. Terminés au 26 novembre 1761 pour le compte du Roi, les travaux permettent de mettre en œuvre 10 canon de 36, 2 de 32, 10 de 24, 9 de de 18, et 3 mortiers de 12 armés par une garnison de 214 personnes dont 12 officiers. C’est donc une réalisation considérable, dont le montant s’élève à 46016 livres, et qui met la rade à l’abri de toute tentative.

Désormais la partition de l’île , encore en vigueur aujourd’hui , entre la partie Nord plus basse et construite, et la partie Sud réservée aux batteries, est établie. En dépit de la paix et du désarmement, la batterie et les bâtiments sont bien entretenus et gardés. Lorsqu’en 1770 la Compagnie remet ses possessions à la Marine royale, tout est en ordre et en bon état, quoique déjà ancien. La marine ne garde pas longtemps la jouissance de toute l’île. Le 17 novembre 1770, il lui est prescrit de remettre au département de la Guerre la partie des batteries, et celui-ci se charge dès lors du gardiennage de l’île entière, jusqu’à la Révolution ou elle devient propriété de l’Etat.

Le Lazaret

En 1791, les vieux projets de poudrière et de moulins à vent sont repris sans plus de succès. La Marine se réimplante cependant sur l’île, qui sert sous la République et l’Empire à accueillir les malades des vaisseaux. Les hommes campent sous des tentes. Les morts sont inhumés sur place, même après le transfert des malades à Sainte Catherine.

Vient alors le temps des grandes épidémies dont celle de fièvre jaune en 1818 à bord de la Bretonne. Les navires suspects doivent obligatoirement relâcher à Lorient, ou est crée un comité conservatoire de la Santé publique.

Dans ces conditions, le projet de lazaret conçu en 1817 par le Directeur des Travaux Maritimes Lamblardie, est repris sans tarder. Le 5 novembre 1821, la Marine fait remise de l’île au Ministère de l’Intérieur. Le 2 juillet 1823, une ordonnance royale porte création du lazaret de Saint-Michel. Les travaux, commencés en 1824 sue les plans de M. de Lussault, sont terminés le 8 mai 1830. La révolution et la nouvelle d’une épidémie de choléra dans le Nord conduisent à compléter l’équipement existant, et à construire au nord de l’île de nouveaux bâtiments. On obtient ainsi une capacité de cinq cents malades environ, plus quatre-vingts logés à Sainte Catherine. C’est à ce moment que cesse les épidémies, et que les constructions deviennent inutiles. Le lazaret est supprimé le 10 février 1850 et la Marine rentre une nouvelle fois en possession de l’île.

La pyrotechnie

L’aspect de l’île a changé. La chapelle Saint-Michel a été détruite en 1820, et les anciens bâtiments qui menaçaient ruine ont cédé la place aux locaux du lazaret. Que faire de ces derniers ? Dès 1852, la Marine les réemploie comme poudrière, salle d’apprêté, ateliers d’artifices et surtout magasins de stockages pour les munitions, sous la surveillance d’un officier. Petit à petit , l’établissement prend de l’importance. A la fin du XIXème siècle, Lorient est chargé de l’approvisionnement de tous les ports, sauf Toulon, en obus à la mélinite. L’île se révèle fort exiguë, et les conditions de sécurité, malgré l’installation de nombreux paratonnerres sont loin d’être idéal. Aussi réclame- t’on que le lieu de stockage des munitions soit transféré ailleurs.

La guerre de 1914-1918 se déclenche sans qu’il y ai de changements .La pyrotechnie fonctionne à plein rendement. Le 26 septembre 1914, la priorité est attribuée à la fabrication des obus de 75 pour l’armée, ainsi que des cartouches de 37 mm. L’autre grande production concerne les mécanismes de mise à feu comme les fusées Desmarets. Bombe de 58 mm et obus de 340 pour l’artillerie principale des cuirassés complètent l’éventail des 1986639 projectiles produits pendant la guerre. Le matériel de production est modernisé en partie avant que les conditions de travail du personnel essentiellement féminin, ne soient prises en compte à partir de 1917. La sécurité est améliorée par la mise en place d’un réseau de canalisations alimentées par deux citernes et un château d’eau. Un restaurant pour les ouvriers est projeté.

L’incommodité des installations fait cependant que l’on en prévoit le déplacement dès la fin que des hostilités le permettra. Le 10 mars 1919, la suppression de la pyrotechnie est envisagée, et le 24 mai de la même année, on ordonne le transfert à Toulon du matériel destiné à la confection des fusées. Les incertitudes qui pèsent dans les années 1920 sur l’avenir de Lorient précipitent alors la mise en sommeil de la pyrotechnie.

La seconde guerre mondiale

De 1921 à la seconde guerre mondiale, l’île n’est plus habitée que par un gardien .On n’y effectue que quelques travaux d’entretien et de sécurité. En 1938, un certain renouveau se manifeste avec la décision d’y construire un centre de préparation et de délivrance de mines. Ces installations ne seront pas achevées à la mobilisation, et la Direction de l’Artillerie navale est conduite à réquisitionner des hangars au port de pêche, le temps d’entreposer et de distribuer les 880 mines du secteur de Lorient qui ont été livrées par Brest. La mise sur pieds de guerre des unités de la Marine et de la flotte auxiliaire se déroule néanmoins sans difficultés.

L’île retrouve aussi un rôle défensif qu’elle avait perdu du fait du développement de l’artillerie navale ; des mitrailleuses de D.C.A. de 13,2 mm y sont installées. Sous l’occupation allemande, ce rôle est renforcé. L’île Saint-Michel fait partie des points d’appui chargée de la défense des abords de la base sous-marine de Kéroman. Une garnison de troupe de forteresse y est installée, et on y construit des bunkers et des emplacements de tir de canons de 88 mm, qui prendront part aux combats de la poche. Surtout, les Allemands y entassent un très grand nombre de munitions de toutes sortes et minent le terrain. A la libération, l’île n’est plus employée. Les bombardements ont détruit en grande partie les bâtiments, et les broussailles se développent, rendant l »accès pratiquement impossible.
1940
Dans la nuit du 7 au 18 juin - Des avions ennemis survolent la rade et bombardent Lorient, la D C A tente de s'y opposer. On annonce l'arrivée imminente des allemands. C'est le sauve qui peut général. On s'embarque sur tout ce qui flotte, on sabote ce qui peut l'être, les magasins à poudre de l'île St Michel, les réservoirs de carburant du port de pêche, ceux de l'Arsenal etc... On frise la panique.
Selon l'Ingénieur Général KAHN, Directeur Central des Constructions et Armed Navales en charge de l'Arsenal de Lorient et de ses annexes, il dit ceci: les magasins de pyrotechnie de l'Ile Saint MICHEL  ont été totalement détruits par les Allemands.
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A la fin de 1966, proposition est faite d’implanter le Club Nautique des Equipages sur l’île, jusque là laissé à l’abandon. Cela nécessite un débroussaillage et un déminage de l’endroit. Les opérations commencées au Nord de l’île en 1967 sont progressivement étendues à son ensemble et à ses abords, pour assurer la sécurité des installations portuaires et des agglomérations voisines.

L’opération « Crevette » permet eu Centre Amphibie d’assainir en 1969 avec laide de la D.C.A.N. (Direction des Constructions et Armes Navales) la passe Est ou les Allemands avaient procédés à d’importants noyages de munitions en 1943. Le nettoyage de l’île et de ses grèves est confié à la D.C.A.N. de Lorient, et prend le nom d’opération « Dragon ». Exécutée entre le 15 février 1970 et le 14 septembre 1973, elle permet de récupérer 172 000 engins environ ainsi que 600 kilos de poudre et d’explosifs.

Nous espérons ainsi avoir dissipé un peu du mystère de cet îlot difficile à utiliser, concurremment lieu de passage et de retraite, de défense et d’assistance, et dont l’indéniable cachet mériterait un autre sort.

(Avec l’aimable autorisation de M René ESTIENNE Archiviste paléographe et de son adjoint Jean Yves Le Glouahec)

Eglise de locmiquelic

Ancienne église Saint Michel

Navire portant le nom de Ile Saint Michel

Les commandos sur l'île Saint Michel

En septembre 1962, l’école des fusiliers marins quitte définitivement les installations du centre de SIROCCO, remise au Corps d’Armée d’Alger, pour revenir s’installer sur la rive gauche du Scorff, sur l’escorteur Châteaurenault (désaffecté du pavillon Italien) sous le commandement du Capitaine de Frégate Servent.

Une nouvelle école des fusiliers a été inaugurée en 1968. Les fusiliers utilisent en 1978 l’île Saint–Michel pour leurs entrainements. De ce fait l’île est toujours interdite au public, sauf sur les rives (portion du littoral comprise entre les plus hautes et plus basses mers (estran)).

(Hélicoptère et Commandos en grappe)
 

Commandos  pointe du Bigot                                Commandos vue de sainte catherine
 
Commandos et navire école LE LION A7555                Hélicoptere larguant sur ile St Michel
construit à LORIENT 1982/1983